S A R A H
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Cher Gerry,
t’as dit qu’un jour tu voudrais que je retombe amoureuse d’un autre homme et peut-être que ça va finir par m’arriver. Mais il y’a toute sorte d’amour ici bas. On a qu’une seule vie à vivre, c’est à la fois extraordinaire, terrible, court, et infiniment long. Et aucun de nous ne s’en sort vivant. Je n’ai aucun plan de match, à part celui de faire rire ma mère à nouveau. Elle n’a jamais voyagé, elle n’a jamais vu l’Irlande, alors, j’ai décidé de l’amener à notre point de départ. Elle comprendra peut-être maintenant. Je ne sais pas comment tu y est arrivé, mais tu m’as ramené d’entre les morts. Je vais te réécrire très bientôt.
PS : devine quoi.
Tu es Jamie Oliven, au dîner tu es à la table 7. Les rejets de l’école ont leur table mais la 7 reçoit ceux qui n’ont aucune idée d’où s’asseoir. Tu as très exactement une veste de laine, tu regardes toujours tes pieds quand tu marches, ah oui et aussi pour te divertir tu aides les autres avec leurs leçons et tu ne vois que des jeunes très cool qui aime les étoiles et les planètes.
L’amour est toujours passion et désintéressé.
Il n’est jamais jaloux.
L’amour n’est ni prétentieux, ni orgueilleux.
Il n’est jamais grossier, ni égoïste.
Il n’est pas colérique.
Et il n’est pas rancunier.
L’amour ne se réjouit pas de tous les péchés d’autrui.
Mais trouve sa joie dans l’infinité.
Il excuse tout.
Il croit tout.
Il espère tout.
Et endure tout.
Voila ce qu’est l’amour.
Je n’aime plus le monde dans lequel je vis ! Et tous les gens autour de moi... et l’inertie de mon existence qui se dérobe sous mes pas, sans que je puisse l’en empêcher... J’ai l’horrible impression d’être dans une pièce pleine de monde et j’ai beau hurler comme une folle, il n’y a personne qui se soucie de moi !
J’ai le manteaux de la nuit pour me dérober à leurs yeux, mais si tu ne m’aime pas laisse les me trouver ici. Mieux vaut perdre la vie par leur haine que d’attendre la mort sans être aimé de toi.
Viens douce nuit,
Viens vite amoureuse au front noir,
Donne moi mon Roméo.
Et quand je mourrai que tu le prennes et l’éclates en petites étoiles,
Dès lors, il embellira tant le visage du ciel que tout l’univers sera amoureux de la nuit,
Et que nul ne pourra plus adorer l’aveuglant soleil.
La peste soit de vos deux familles.
Alors je vois bien que la reine Mab vous a rendu visite, l’accoucheuse des songes parmi les fées !
Elle vient, pas plus volumineuse qu’une agate a un index d’échevin, derrière un attelage d’infimes créatures, se poser au bout du nez des hommes dans leur sommeil.
Son chariot est la coque d’une noisette aménagée par un écureuil-menuiser ou l’un de ces vieux vers qui trouent le bois, l’un et l’autre depuis le fond des âges les carrossiers des fées.
Les rayons de ses roues sont faits de longues pattes de faucheux, la capote, d’un élytre de sauterelle, les guides, des toiles les plus fines de l’araignée, les colliers, des iridescentes humides du clair de lune, le fouet, d’un os de grillon, et sa mèche, c’est un fil de la Vierge.
Et le cocher, un moucheron de petite taille, au manteau gris, qui n’est pas la moitié du petit ver rond que l’on extrait du doigt des filles flemmardes.
Voici dans quelle pompe elle va nuit après nuit au galop dans la tête des amoureux, et alors ils rêvent d’amour, sur les genoux des courtisans, qui rêvent aussitôt de courbettes, sur les doigts des hommes de loi, qui rêvent aussitôt d’honoraires, sur les lèvres des dames, qui rêvent aussitôt de baisers, mais que Mab irritée afflige souvent de cloques, car leur haleine empeste les sucreries.
Parfois elle galope sur les narines d’un courtisan et il rêve qu’il flaire une bonne place à briguer.
parfois, avec la queue d’un cochon de dîme, elle vous chatouille le nez d’un curé qui dort, et en rêve il reçoit de nouveaux bénéfices.
Parfois elle voyage sur le cou d’un homme de guerre, il rêve qu’il égorge ses ennemis et de brèches et d’embuscades, de lames d’acier d’Espagne, de rasades profondes de cinq brasses ; mais elle bat le tambour à ses oreilles, et il sursaute, se réveille, et tout apeuré, marmonne une ou deux prières qui embrouille la nuit le crin des chevaux et noue dans les cheveux des souillons crasseuses ces petites touffes démones qu’il est funeste de démêler.
Ah, la sorcière, qui vient peser sur elles, et la première leur enseigne comment soutenir la charge, faisant d’elles des femmes de bon maintien !
Say-British
16 ans
London
(44)
France
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